Les multinationales et l’Union européenne : une histoire d’amour ?

Les éveillés union européenne

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https://www.leseveilles.info/2016/11/19/multinationales-lunion-europeenne
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Alors qu’avec le Brexit, un eurosceptisme se forme et prend de plus en plus d’ampleur, qu’en est-il des institutions européennes ? L’Union européenne représente la forme de démocratie la plus avancée pour nos citoyens cependant est-ce réellement le cas ? Les éveillés reviennent sur la démocratie bruxelloise !

 

La démocratie européenne

 

Le système démocratique européen est compris en fonction des 3 grands pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Le pouvoir législatif, qui permet de voter les lois européennes est composé de deux organes : le parlement européen, composé de parlementaire directement élu par les citoyens de chaque état membre et le conseil de l’Union européenne composé des ministres des États membres. Le pouvoir exécutif gère la politique courante et la bonne application des lois. Il est composé de la commission européenne ou ses membres (les commissaires) sont nommés par le conseil européen et le parlement européen et du conseil européen qui signifie le sommet des chefs d’État des états membres qui élisent un président. Enfin le pouvoir judiciaire qui a pour rôle de contrôler l’application des lois est composé de la Cour de justice européenne.

 

Cependant l’Union européenne possède d’autres institutions qui remplissent d’autres missions. Telles que la Banque centrale européenne qui est responsable de la politique monétaire de la zone euro, la Cour des comptes qui contrôle de son côté le budget de l’Union européenne, le médiateur européen qui s’occupe des plaintes des citoyens européens quant à la mauvaise administration des institutions européennes…

 

Une bureaucratie wéberienne !

 

L’Union européenne fait preuve d’une forte institutionnalisation. En effet, l’Union européenne applique les schémas wéberien pour son administration. Les institutions européennes et les décisions prises par leurs acteurs sont rationalisées. Ainsi la mise en place de normes et de lois européenne répond à cette optique de rationalisation de la politique, dans un seul but : faire de la politique de masse ! Ce qui peut expliquer que des lois européennes semblent contraires aux intérêts de certains pays membres et bénéfiques pour d’autres. Le système hiérarchique européen est alors assez complexe du fait de la multitude des acteurs qui peuvent entrer en compte dans la prise de décision à Bruxelles. Au-delà de la bureaucratie administrative qui engendre une perte d’efficacité par un maillage administratif lourd et complexe, les acteurs européens qui composent cette bureaucratie administrative ne sont pas si unanimes.

 

 

L’absence de transparence européenne

 

Les acteurs qui composent l’administration européenne sont divers et variés, en fonction de leurs rôles dans le processus de décision européen. Ces acteurs ne sont cependant pas toujours neutres. Par exemple les députées européens qui, malgré le travail de représentativité du peuple européen qu’incombe cette fonction, ont la possibilité d’avoir un emploi dans le privé à côté de leurs mandats de députés européens. Un nombre assez important de députés européens ont ainsi plusieurs emplois dans le privé. Par exemple, l’influent député libéral Guy Verhofstadt cumule 9 emplois dans de grandes entreprises privées avec son mandat de député européen. Étant notamment employé par les fonds d’investissements et groupes financiers : Sofina, APG et Exmar, il est intéressant de se demander si lors du vote des lois européennes concernant la politique financière de la zone euro, il n’existe pas un conflit d’intérêts avec ses employeurs notoires ou, est-ce au détriment du citoyen européen ? Ce fait est d’autant plus surprenant que les députés européens sont les seuls acteurs européens soumis au suffrage universel direct et donc choisit par le peuple.

 

Des multinationales à l’origine des lois

 

Le conflit d’intérêts existant entre les députés et les multinationales ne s’arrêtent pas au simple cumul d’emploi. Les multinationales ont le pouvoir de soumettre aux députés des amendements pour l’édification des lois. Selon l’ONG CEO, cela représenterait un tiers des amendements des députés, alors que le même travail des députés européens est de justement mettre en place ces amendements.

 

Les parlementaires européens ne sont pas les seuls acteurs à manquer de transparence, les commissaires européens qui sont comme le gouvernement de l’Union européenne le sont tout autant. Tout le monde a en mémoire le scandale de José Manuel Barroso, ancien président de la commission européenne qui s’est fait embaucher par Goldman Sachs après son mandat. Cette exception ne semble pas en être une ! Car contrairement aux députés européens, les commissaires européens ne peuvent pas cumuler leurs mandats avec un emploi privé. Cependant, le poids des multinationales ne fléchit pas et le simple recours aux promesses d’embauches des commissaires européens suffit pour avoir son importance. Pour être représentatif, José manuel Barroso est allé travailler chez Goldman Sachs après son mandat, suite à une crise de la dette souveraine qui bloque la croissance européenne, Neelie Kroes ancien commissaire européen de la concurrence s’est fait embaucher par Uber alors que la question sur la libre concurrence entre les chauffeurs de taxi et les chauffeurs Uber restent plus que défavorable pour les taxis, Connie Hedegaard ancienne commissaire au climat est allé travailler chez Wolksagen. Les commissaires européens ne sont pas les seuls à recevoir des promesses d’embauches de la part de lobbying et de multinationales, les fonctionnaires européens sont soumis au même traitement de faveur !

 

Un processus de détermination des lois perméable à la corruption !

 

Lors de l’établissement des lois, est nommé par la commission européenne un groupe d’experts chargés d’identifier le problème et de proposer des solutions pour le résoudre. Le groupe d’experts est composé de fonctionnaires européens et d’experts indépendants. Cependant le financement et le choix des experts ne sont pas si neutres qu’il puisse paraître. Par exemple pour le cas du gaz de schiste, 70% des experts nommés par la commission européenne sont des experts payés par l’industrie gazière. Ainsi, avec des experts non neutres, la question n’est plus de savoir si c’est bon pour l’environnement d’extraire du gaz de schiste, mais plutôt de savoir comment bien extraire le gaz de schiste !

Au-delà du financement des experts, les multinationales financent aussi des lobbys et institutions européennes. Par exemple l’institut européen de l’hydratation est financé directement par Coca-Cola. Au-delà du financement de ce lobby, ce dernier organise des études et notamment des études sur le bienfait des boissons caféinées ou sucrées pour s’hydrater qui serait aussi efficace que l’eau. L’expertise européenne se trouve donc être totalement caduque, puisqu’elle ne répond pas forcément aux préoccupations des citoyens européens, mais à des enjeux financiers d’acteurs privés.

 

Au-delà d’un processus de décision faussé, il apparaît que le manque de transparence et de neutralité de l’Union européenne peut être néfaste pour les citoyens européens. La somme des intérêts privés d’un nombre restreint de la population nuit toujours à l’intérêt du plus grand nombre. Les citoyens européens sont ainsi en droit de savoir si leurs dirigeants mettent en place des décisions selon leurs intérêts ou non ! Si aujourd’hui l’Union européenne connaît une crise de confiance, c’est parce que les citoyens des états membres se sentent éloignés de la politique technocrate européenne. Si l’idée d’une Union européenne est un concept qui à du sens, les institutions européennes semblent être inadaptés et la représentation de l’Union européenne qui nous est alors présentée se retrouve contraire aux principes démocratiques qui fondent notre Europe.

 

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