Quel salut pour notre agriculture ?

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https://www.leseveilles.info/2016/08/15/agriculture
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Alors que l’efficacité de la PAC est souvent remise en question, la principale politique de l’Union européenne n’en reste pas moins controversée, comment mettre en place une politique agricole commune avec des états si différents ? Quel avenir pour notre agriculture?

 

La politique agricole commune

 

La PAC est la politique la plus ancienne et la plus importante des politiques communes mises en place en Europe. À l’origine, cette politique avait pour but d’augmenter la production agricole de l’Union européenne (politique productiviste), afin de rendre la communauté autosuffisante dans le domaine agricole. De plus, la PAC revêt un caractère protectionniste, du fait de la protection aux frontières instituée par l’union douanière. Cette politique représente le principal poste de dépense du budget européen, on comprend mieux son importance.

Cette politique a pour objectifs : d’accroître la production agricole, assurer un niveau de vie agréable pour la population agricole, stabiliser le marché agricole, assurer des prix « raisonnables » au consommateur, assurer les approvisionnements, assurer une agriculture responsable et respectueuse de l’environnement et favoriser le développement rural. Afin d’atteindre ces objectifs, la PAC dispose de nombreux outils, tels que la mise en place de quotas sur certaines denrées agricoles, comme le lait jusqu’à récemment. Ou encore la mise en place d’aides (directes ou indirectes), telles que des subventions aux agriculteurs, ou la mise en place de prix garanti.

 

Quelle incidence a la PAC sur l’agriculture des pays membres ?

 

La politique agricole commune permet de réguler et de développer l’agriculture des différents pays membres. À ce juste titre, elle permet d’éviter une concurrence en provenance des pays hors union pour certaines denrées agricoles. Cette préférence communautaire a, par ailleurs, fait bondir les grands exportateurs agricoles tels que les États-Unis, le Brésil ou encore le Mexique. En somme, la PAC permet aux agriculteurs des états membres de bénéficier d’un marché commun (les pays membres), tout en évitant la concurrence des pays à bas coût. Mais la PAC agit aussi directement ou indirectement sur le marché agricole commun via les subventions accordées, les prix garantis, les quotas…

 

La PAC est à l’origine du bouleversement de l’agriculture française, quand cette dernière a été instituée par le traité de Rome de 1957. Il faut savoir qu’à cette époque, la France est le seul pays européen autosuffisant sur le plan agricole, alors qu’outre-Rhin et dans les autres pays européens la production agricole correspond à 80% des besoins. Aujourd’hui c’est un tout autre tableau, l’Union européenne est excédentaire et la France n’est plus autosuffisante sur le domaine agricole. À quoi est due cette mutation ?

 

Afin, d’établir sa politique productiviste, la PAC a favorisé la mécanisation et les technologies agricoles, si bien qu’elle a permis l’industrialisation du domaine agricole dans tous ses états membres. Malgré que la France avant la PAC avait déjà l’agriculture la plus avancée en Europe, l’industrialisation ne l’a pas épargné et pour cause, il faut suivre le plan dicté par Bruxelles. Aujourd’hui la France est toujours la première puissance agricole européenne, mais les politiques de la PAC ne sont pas sans conséquence. La taille des exploitations agricoles ne cesse d’augmenter et les pratiques industrielles dans le monde agricole ne sont pas sans conséquence pour notre environnement (usage intensif de : pesticides, d’engrais chimiques pour fertiliser des sols bien appauvris par une agriculture toujours plus intensive, de l’élevage intensif qui pousse encore les limites du respect des animaux pour avoir des produits le moins cher possible…). Ces pratiques ne semblent pourtant pas déranger l’Union européenne et sont encore plus controversées vis-à-vis de la PAC, qui prévoit une agriculture plus responsable et respectueuse de l’environnement.

 

Ces pratiques industrielles ont un unique but, standardiser au mieux les produits afin qu’ils soient moins chers et puissent donc concurrencer les produits agricoles des grands producteurs mondiaux (Brésil, États-Unis, Australie…) et d’instaurer une concurrence intra zone (entre pays de l’Union européenne). Il ne faut pourtant, pas oublier que la France à des contraintes, un savoir-faire et un terroir qui lui est propre, des coûts plus importants (un ouvrier en France coûtera toujours plus cher qu’un ouvrier en Pologne et au Brésil). Ou encore l’utilisation d’hormone de croissance dans l’élevage est interdite en France, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis. Le seul salue de la France serait-il donc dans l’industrialisation à outrance comme c’est déjà le cas en Allemagne ou aux États-Unis ?

 

Le traité transatlantique ou la dernière goutte d’eau ?

 

Le traité transatlantique prévoit un grand espace de libre échange entre l’Union européenne et les États-Unis, ainsi que le Canada. Cet accord reste néanmoins ambigu et est toujours en débat. En terme agricole, si ce projet semble ravir nos dirigeants européens, quand est-il en réalité ?

 

Le principal argument reste le marché commun. En effet, l’Union européenne est excédentaire de 5 milliards d’euros au niveau des exportations agricoles notamment aux États-Unis. Donc pour le moment l’Union européenne exporte plus qu’elle n’importe de produits aux Américains. Ainsi la zone de libre-échange devrait accroître ce niveau d’exportation, du fait de la libéralisation. Cependant, il est important de ne pas oublier que les droits douaniers européens sont plus élevés que les tarifs douaniers américains. Cet élément permet de nous expliquer pourquoi l’Union européenne exporte plus de denrées agricoles qu’elle n’en importe. Car si les tarifs douaniers sont élevés pour l’importation de produits américains, la demande se rabattra sur des produits plus compétitifs intra zone. Avec le traité transatlantique, la suppression des barrières douanières, qui sont à la base des mesures protectionnistes pour protéger notre agriculture, pourrait bien inverser la tendance. Il en est de même concernant les OGM, l’utilisation des hormones de croissance dans l’élevage, de pesticides et autre engrais chimique qui sont interdits en Europe et encore plus en France et qui serait alors peut être autorisé, ou alors toléré dans les produits américains vendus directement en Europe et en France.

 

Comment sortir l’agriculture Française de l’impasse ?

 

Nos agriculteurs sont en colère et on peu les comprendre ! Toutes les mesures du traité transatlantique pourraient voir la fin d’un terroir et d’une agriculture responsable. L’Union européenne ne semble plus comprendre les agriculteurs français. De nos jours ses derniers sont obligés de s’industrialiser, de produire plus pour pouvoir être compétitifs. Est-ce la seule solution ?

 

La réponse est non ! Il est clairement possible de revaloriser l’agriculture française, voire même européenne. Tandis que la PAC propose à nos agriculteurs qu’une compétitivité prix (vendre le moins cher possible), tournons notre agriculture vers son origine, le terroir et donc une compétitivité contenue. À juste titre, il faut limiter l’industrialisation dans le domaine agricole de façon à préserver: l’environnement, le savoir-faire, le terroir, la condition animale dans l’élevage et surtout le goût des produits agricoles. Revenir à des fermes plus petites, qui vont fournir un produit de qualité (qui ne sera pas standardisé par le cahier des charges de Bruxelles) et revaloriser ce produit sur le goût et la spécificité de son terroir. Cette pratique déjà mise en place par le système d’appellation devrait être approfondie et encore plus développée.

 

Enfin, il semble évident que l’instauration de quotas et surtout d’une préférence nationale devrait être obligatoire en France. Ainsi, la mise en place systématique de droit de douane sur des denrées agricoles qui sont produites en France à la base et qui seraient alors importées d’autres pays. Cette mesure citoyenne jouerait un rôle écologique (moins de pollution due au transport) et permettrait d’assurer une concurrence responsable pour les agriculteurs.

 

 

9 Comments

  1. L’ Agriculture est un réservoir d’emplois anciens, donc la victime toute désignée du Progrès. Ci-dessous une participation au Forum de Boursier.com d’il y a 2 ans, mais toujours d’actualité au sujet de la controverse sur la politique d’ Amazon sur les frais de livraison et le problème du Progrès en général, concernant encore plus l’ Agriculture, bien sûr :

    Frais de livraison : Amazon trouve l’astuce pour contourner la loi française
    Boursier.com le 11, 12, 14 , Juillet 2014
    Par theodorum
    Raisonnons en citoyens : le 12 7 2014
    Nous ne sommes pas que des consommateurs ! Tapez  » Theodore leventakis  » sur internet et vous verrez ce qu’il en coûte de choisir toujours le meilleur marché, la ruine de l’ Économie par la dette. Donc la perte de la liberté ! Berlin nous dicte sa loi !
    Il faut changer de système et remplacer les charges sociales par la TVA, instituer un Contrôle de la valeur ajoutée par indexation de la masse salariale sur celle-ci, mettre en place une taxe de 20 % sur la valeur ajoutée d’où l’on pourrait déduire un SMIC assorti d’un crédit d’impôt.
    Ceux qui profitent d’ Internet pour vendre moins cher, car ils emploient moins, sont responsables des déficits de l’ ÉTAT qui perd ainsi des recettes et voit augmenter ses charges. Car l’ ÉTAT c’est nous !

    Nous manquons de demande parce que nous ne sommes pas compétitifs et nous ne le sommes pas parce qu’il y a trop de fonctionnaires et il y a trop de fonctionnaires parce que nous ne nous attaquons pas aux causes des déficits comme le disait Maurice Allais notre seul prix Nobel d’ Économie, qui avait prévu la catastrophe actuelle !
    C’est le pouvoir d’achat par les salaires et l’emploi qui est la solution ! non par les prix !
    On ne répond pas à des problèmes au coup par coup ! sinon on s’expose au ridicule !

    Pour une croissance douce ! Le 14 7 2014
    C’était le vœu de G. D’ ESTAING ! Un sentimental qui a échoué, comme un beau levier ( Archimède ) sans point d’appui : l’expérience de la Concurrence. Il faut l’avoir vécue pour en saisir toute la démagogie !
    Croissance douce – sans déficits!- ne signifie pas stopper le progrès ( qu’on n’arrête pas, parait-il ), mais ne plus lui faciliter la tâche.
    Une publicité de Banque Directe en 1995 disait «  Si vous n’allez pas souvent à votre banque, faîtes un effort : n’y allez plus du tout ! »
    Bel exemple de ce qui continue tous les jours sur le terrain : le Progrès se traduit en avantages aux clients grâce à des emplois supprimés !
    On a vu que l’intérêt général n’y trouve pas son compte, l’ ÉTAT perd des recettes et voit ses dépenses augmenter . En multipliant les emplois publics il tourne le dos à la solution car les impôts pèsent sur les entreprises et diminuent encore la compétitivité des emplois productifs ( Merci à Arnaud Montebourg d’avoir souligné l’importance de ce terme ! ), aggravant la dette…abyssale !
    Or supprimer des emplois est très lucratif car c’est aussi supprimer les charges (égales au salaire net ) qui vont avec ! Et il n’y a pas que le progrès qui en profite, il y a le travail au noir, le bricolage ( facilité par les 35 H. ), la robotisation et les délocalisations ! Et on trouve drôle qu’il y ait du chômage ! Et on parle de croissance, sans mentionner qu’elle est à crédit !
    Or, j’ai calculé qu’en remplaçant les charges qui gonflent les prix, quelles soient salariales ou patronales, par un pourcentage de valeur ajoutée, et en dispensant de TVA tout travail artisanal, on mettait hors jeu d’un seul coup toutes les concurrences déloyales et on restaurait les recettes de l’ ÉTAT tout devenant hyper-compétitifs à l’export !
    Car en quoi consiste le progrès : en temps gagné et en pouvoir d’achat déplacé : il ne faut pas s’étonner d’une baisse de la demande , les perdants ne retrouvant pas de travail et les gagnants n’en manquant déjà pas ! Et il n’y a croissance que si le temps gagné est utilisé à produire plus. On perd ceux qui pourraient consommer plus et on gagne ceux qui sont repus !
    Embaucher ou augmenter les salaires coûterait 2 fois moins, robotiser ou numériser rapporterait 2 fois moins.
    Création d’emplois en Agriculture – De même ces mesures pourraient permettre aux paysans de travailler moins en créant des emplois, pour un revenu inchangé et même amélioré, sans augmentation des prix pour les consommateurs, donc de recréer aussi des emplois de proximité et un véritable aménagement du territoire, grâce à un meilleur partage de la valeur ajoutée.
    Par un fixe par emploi consistant, représentant une partie de la production nationale, comme dit plus haut, et du fait de l’absence de charges sociales supplémentaires, à production égale, les charges étant assises sur les volumes produits par une taxe sur la valeur ajoutée : employer plus ne coûterait rien ! Le marché étant partagé en fonction de l’emploi, vendre plus et produire plus ne pourrait se faire sans partager et donc se ferait sans remises quantitatives favorisant en aval la grande distribution.
    En cas d’ accident climatique localisé le crédit d’impôt amortirait la baisse des revenus automatiquement et la diminution des charges accompagnerait celle des volumes produits et inversement pour les secteurs épargnés. Le malheur des uns ne ferait plus le bonheur des autres, changement historique. En cas de surproduction accidentelle les prix baisseraient mais moins. La « distribution » pour reprendre les termes anciens d’ Edouard Leclerc, répercuterait les baisses ce qu’elle ne fait pas aujourd’hui. Ce qui est vrai pour l’agriculture est vrai pour toute l’ Économie.

    Il ne s’agit pas d’arrêter le Progrès mais de bien l’orienter ! Une taxe de 20 % sur la valeur ajoutée d’où l’on pourrait déduire un SMIC par emploi assortie d’un crédit d’impôt, obligeant les gros faiseurs de Chiffre d’affaires à partager les marge-arrières qu’une dépendance excessive de leurs fournisseurs les oblige à leur accorder, au détriment des salaires et de l’emploi, plus une indexation obligatoire de la masse salariale sur la valeur ajoutée compléteraient bien le tableau, les patrons ayant intérêt à satisfaire leurs salariés, pas seulement les consommateurs : le code du travail de 3 600 pages deviendrait inutile comme tous les freins aux licenciements.
    Le moteur de l’ Économie étant le crédit, les entreprises ayant intérêt à payer et à employer, les banques étant aussi assujetties, le chômage ne devrait plus exister : la dette fondrait comme neige au soleil !

     
    Le 15/07/2014 à 11h34 / message No.22 Par theodorum
    Un ÉTAT inerte !
    L’emploi est piégé par la bêtise ! Détruire des emplois est encouragé – cela rapporte gros ! – s’il a la forme du progrès, du travail au noir, du bricolage, de la robotisation, des délocalisations .
    Par contre les entreprises n’ont pas le droit de licencier quand leur chiffre d’affaires baisse et elles sont punies d’avoir embauché ! Leur seul droit est de faire faillite.
    L ‘ ÉTAT compte sur les partenaires – adversaires conviendrait mieux pour le partage du fromage – sociaux , se défaussant de ses responsabilités.
    Car lui seul peut devenir offensif et lier emploi et valeur ajoutée, donc obliger ceux qui peuvent payer à employer au lieu de contraindre ceux qui ne peuvent plus payer à le faire !
    C’est nouveau ? La nouveauté n’a-t-elle droit de cité qu’au service du consommateur ?
    Allons-nous continuer à subir un système libéral archaïque ou « pax americana » sans broncher, travailler jusqu’à 70 ans alors que les jeunes sont largués, voir les retraites diminuer alors qu’on peut produire assez de tout pour tous, voir les riches s’enrichir toujours plus et le réchauffement climatique nous anéantir ?

    • Il est certain que la destruction de l’emploi a de multiples conséquences, l’agriculture souffre de cette concurrence déloyale européenne. Rien que pour les vendanges, un vendangeurs espagnoles est payé 8€ de l’heure alors qu’en France il est payé 11€. On ne peut pas concurrencer des pays qui ont un coût salariale différent. On ne pourra jamais faire de la compétitivité prix et nous ne devons pas en faire, il faut instaurer une préférence nationale pour notre agriculture, ce qui recréera de l’emploi. Mesure économique et écologique!

  2. Le passage sur l’ Agriculture est tiré du texte suivant :

    Impact de mes idées sur des problèmes d’actualité – 6 Septembre 2012.

    Débat Free – Bouyghes – « Avec Free, l’amélioration du pouvoir d’achat va être passagère ; pour l’emploi, c’est un désastre et l’ ETAT va y perdre en recettes fiscales autour d’un milliard d’€ par an » Mr Bouyghes lors de la présentation des résultats le 29/08/2012 ( Le Monde.fr du 31/08/12)
    Pierre Diot – Tomates de France ( La Croix du 29/08/12 ) : «  Il faut regarder du coté des habitudes des Français. Les dépenses pour Internet et la téléphonie sont désormais considérées comme indispensables, ce qui pousse les consommateurs à délaisser les fruits et légumes, jugés moins nécessaires au quotidien » .
    Conclusion – Le problème est donc réglé ! ( sauf que les emplois ne sont pas interchangeables ! )
    Plus sérieusement – Une meilleure solution consisterait en un système de rémunération mixte : d’une part une retenue légale d’une sorte de fixe par emploi sur une taxe générale sur la Valeur ajoutée de 20 %, d’autre part une participation à la masse salariale elle-même indexée sur la valeur ajoutée de l’entreprise à hauteur de 50 %. Des taux d’intérêt faibles favoriseraient les investissements au lieu d’un auto-financement important au départ nécessitant des marges élevées et par la suite des bénéfices excessifs, donc fragiles face à une concurrence agressive.
    Cela permettrait d’éviter les licenciements, la partie fixe faisant l’objet d’un crédit d’impôt éventuel et la partie variable des salaires s’adaptant à la hausse comme à la baisse des ventes de l’entreprise. D’ailleurs ce contrôle de la valeur ajoutée brute des entreprises qu’il ne faut pas confondre avec la TVA, qui elle rapporte à l’ ETAT, limiterait drastiquement l’intérêt des licenciements boursiers, comme les excès de marges bénéficiaires.
    Création d’emplois en Agriculture – De même ces mesures pourraient permettre aux paysans de travailler moins en créant des emplois, pour un revenu inchangé et même amélioré, sans augmentation des prix pour les consommateurs, donc de recréer aussi des emplois de proximité et un véritable aménagement du territoire, grâce à un meilleur partage de la valeur ajoutée.
    Par un fixe par emploi consistant, représentant une partie de la production nationale, comme dit plus haut, et du fait de l’absence de charges sociales supplémentaires, à production égale, les charges étant assises sur les volumes produits par une taxe sur la valeur ajoutée : employer plus ne coûterait rien ! Le marché étant partagé en fonction de l’emploi, vendre plus et produire plus ne pourrait se faire sans partager et donc se ferait sans remises quantitatives favorisant en aval la grande distribution.
    En cas d’ accident climatique localisé le crédit d’impôt amortirait la baisse des revenus automatiquement et la diminution des charges accompagnerait celle des volumes produits et inversement pour les secteurs épargnés. Le malheur des uns ne ferait plus le bonheur des autres, changement historique. En cas de surproduction accidentelle les prix baisseraient mais moins. La « distribution » pour reprendre les termes anciens d’ Edouard Leclerc, répercuterait les baisses ce qu’elle ne fait pas aujourd’hui. Ce qui est vrai pour l’agriculture est vrai pour toute l’ Économie.
    Création artistique et littéraire. – Comme pour l’agriculture et l’ économie en général, et même plus pour ce secteur, les mesures que je suggère auraient un impact énorme et positif. Un fixe par emploi est d’autant plus logique que le revenu sert à se procurer des biens que l’on ne produit pas soi-même, dont le volume ne dépend pas de notre propre production, qui peut être abondante si la nôtre est faible. Mais mieux vaut une production faible – et de qualité, c’est le cas de l’artiste – que le chômage ! Du fait du crédit d’impôt attaché à la taxe de contrôle de la valeur ajoutée, l’impact, à la baisse, sur les prix serait d’autant plus fort que la production est faible, donc celle-ci le serait de moins en moins, créant un véritable cercle vertueux. On ne verrait plus des artistes mourant dans la misère et des spéculateurs s’enrichissant avec leurs œuvres !
    Ces mesures seraient très profitables pour tous les secteurs où le coût marginal est faible et les coûts fixes élevés comme la presse et la restauration hors domicile etc… Par contre les rémunérations dépendant de la publicité, comme celles des footballeurs, dont le rôle diminuerait automatiquement, comme les salaires élevés en général – les mesures proposées organisant fortement le partage du marché en fonction de l’emploi – diminueraient.

    •  » Les salaires élevés » diminueraient inéluctablement à partir du moment où il n’y aurait plus de généraux  » à ne pas décourager », dixit Mr Delors ! à partir du moment où l’essentiel ne serait plus de vendre mais de produire, revalorisant le travail manuel ou la croissance douce chère à Giscard !

  3. « employer plus ne coûterait rien » grâce à la taxe de 20 à 30 %
    ( voir plus haut ) avec crédit d’impôt d’où on pourrait déduire 1 SMIC, étant entendu que seule la participation effective de l’entreprise serait prise en compte dans l’indexation de la masse salariale sur 50 % de la valeur ajoutée, taxe de laquelle on pourrait déduire 2 fois le SMIC au maximum. On pourrait payer plus ou en supportant l’impôt de 50 % sur le dépassement ou sur les 50 % disponibles.

  4. Ci-joint l’origine de ma réflexion et son adaptation 40 ans après:

    Texte remis à la Presse locale lors de ma 1ère candidature aux législatives de 1973

    Mon idée principale est la suivante : il y a autant de prix de revient que d’exploitations, agricoles, commerciales, industrielles. Le prix de vente, lui, est déterminé par l’entreprise marginale, la petite exploitation. Cela constitue pour les entreprises plus importantes une rente, qu’on appelle bénéfice, et qui n’existerait pas si la concurrence était homogène, équilibrée.
    D’autre part, cette entreprise marginale, malgré un prix de vente élevé, paie mal, au SMIC, nouvelle rente pour les entreprises prospères ( comme la mienne ) qui pourraient payer plus, mais qui se contentent de payer 20, 30 ou 50 % au dessus. ( mais l’avenir n’est sûr pour personne, ne jetez pas la pierre ! ) Tous les salaires subissent cette attraction vers le bas.
    Enfin, sous la pression de la concurrence, les prix d’achat de l’entreprise importante se contractent au détriment de l’entreprise marginale, 3ème rente. C’est celle-là qu’on brade généralement.
    Dans ce contexte, l’intérêt de l’argent placé d’un coté, dû de l’autre, la publicité et les investissements encouragés par la fiscalité, les rabais proposés au consommateur, aggravent le mouvement et je ne vois pas comment on pourrait résoudre le problème en poussant la croissance, sinon par le vide, c’est-à-dire le chômage.
    Inutile d’essayer d’en sortir tant qu’on n’y a rien compris. La seule solution : un handicap, comme aux courses de chevaux. Une taxe de solidarité, de 30 % par exemple sur la valeur ajoutée serait répartie à égalité sur tous les emplois, rétablissant l’équilibre permettant donc de débloquer le SMIC. Il serait également nécessaire d’indexer la masse salariale, les charges sociales et les impôts sur le chiffre d’affaires, assurant ainsi la progression du pouvoir d’achat de tous en fonction de la production et un développement sans hausse des prix.
    Bref, entre la loi de l’argent et celle de la rue, la loi de solidarité !

    Actualisation 40 ans plus tard – Lorient le 27/07/2013

    Le système libéral est perfectible. On peut remplacer cette solidarité boiteuse, source d’inflation, de chômage et d’inégalités par une solidarité véritable, en application de cette analyse ancienne. La mondialisation de l’Économie a changé la donne, comme l’avait annoncé Maurice Allais, rendant encore plus nécessaire une autre assise des charges sociales que celle des salaires.
    I -En instituant une part de solidarité par le moyen d’une taxe sur la valeur ajoutée de 20 % d’où il serait possible de déduire un SMIC amélioré assorti d’un crédit d’impôt, car nous produisons pour les autres mais notre droit sur leur production dépend seulement de la concurrence dans notre propre secteur. Si elle est forte notre droit à la production des autres est faible et inversement, quels que soient nos besoins et la capacité de les satisfaire. C’est archaïque , irrationnel !
    2 -Il convient aussi de calculer autrement les charges sociales et les impôts et de les détacher des rémunérations en les attachant aux volumes réels par la TVA. Les produits exportés, donc indisponibles, en seraient dispensés : les étrangers n’ayant pas droit à notre Sécu ni à nos retraites pourquoi les leur faire payer. Inversement les produits importés les supporteraient puisqu’ils sont disponibles pour notre consommation. L’ ETAT Régalien n’a pas à discriminer son imposition selon la provenance !
    De même, sur le plan interne, l’importance d’une part de marché conséquente ou de l’emplacement serait relativisée, car cessant de jouer sur l’incidence des charges, ce qui permettrait la cohabitation de petites et grandes surfaces dans toute l’ Économie et mettrait fin aux phénomènes de concentration et désertification observés partout, causés par un système libéral individualiste.
    3 – Enfin une indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée à hauteur de 50 % d’où on pourrait déduire un montant limité par salarié favoriserait une diminution du temps de travail que le Progrès permet et que la Concurrence empêche ! Et que ceux qui vendent plus emploient plus !

  5. J’ai oublié de préciser le titre – éloquent – de ma lettre à la Presse de Mars 1973 :

     » Le rôle de l’ ÉTAT dans l’ Économie ou le procès du libéralisme « 

  6. Concernant l’ Agriculture les mesures préconisées plus haut permettraient non seulement de la sauver mais d’y multiplier les emplois, grâce au crédit d’impôt et au transfert des charges sur la valeur ajoutée, corrigeant la double peine observée en matière d’ Économie et spécialement en Agriculture, en cas de mauvaise récolte locale et surproduction générale. Non seulement les prix baissent mais aussi les volumes, pas les charges !
    De même les grandes surfaces oublient de baisser les prix en cas de surproduction empêchant les consommateurs de consommer plus et pénalisant les agriculteurs subissant baisses des prix et baisses des volumes.
    Avec les mesures proposées cela ne serait plus possible,

  7. Il est sur que le problème agricole doit être résolut et ce par bien des manières, il faut arrêter la politique de subvention, car comme toutes entreprises, les exploitations agricoles doivent vivre de leurs travail! Le salut ne se trouve pas dans l’industrialisation à outrance, mais plutôt dans la revalorisation des produits et au retour à des fermes agricoles de taille raisonnable. On ne peut pas effectuer de la compétitivité prix alors faisons de la compétitivité qualitative! De plus l’instauration d’une préférence nationale dans l’agriculture serait un bon élément pour faire repartir le marché interieur, avec une taxation des importations de denrées agricoles, lorsque nous possédons en quantité suffisante ces dernières. Car comme le disait Maurice Allais, le libre échange n’est que profitable pour des pays ayant des contraintes et un marché similaire. Ce n’est pas le cas en Europe, le litre de lait en France coutera toujours plus cher que le litre de lait polonais!

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