Maurice Allais, était-il devint ?

Maurice Allais les éveillés

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https://www.leseveilles.info/2016/08/05/maurice-allais-etait-devint
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Alors que le prix Nobel d’économie de 1988 est décédé depuis bientôt 6 ans, les propos de Maurice Allais n’en demeurent pas moins d’actualité. Il prédit dès 1996 que le surendettement des ménages américains sera le moteur de crises économiques. Retour sur des positions contrebalancées dans un monde qui prône la mondialisation et la globalisation.

 

Des idées contraires au consensus de Washington

 

Maurice Allais fut l’un des premiers à dénoncer la déréglementation financière, le change flottant, ou encore les accords de Bretton Woods qui mettent fin à l’étalon or, pour le Dollar comme pivot du système monétaire internationale. Plus généralement, il était contre le consensus de Washington, cependant avait-il raison ?

 

Le consensus de Washington est une série de mesures mises en place par les grandes institutions mondiales (FMI, Banque mondiale…), afin d’aider les économies des pays en difficultés, surtout du fait de leur dette. Ces mesures comprennent notamment : une privatisation des monopoles d’État, une déréglementation des marchés, une libération du commerce extérieur, éliminer les contraintes à la réception des IDE (investissements directs à l’étranger), une libéralisation du taux d’intérêt et un taux de change unique, une rigueur budgétaire comprenant notamment des dépenses publiques vers des secteurs à fort retour économiques et la mise en place de la protection industrielle.

 

La cotation boursière en continu, facteur de spéculation

 

L’économiste Maurice Allais a mis en garde à plusieurs reprises la communauté internationale contre certaines mesures du consensus de Washington. Ces arguments n’étaient alors pas recevables, pourtant tel le principe des éveillés, Maurice Allais se basait sur l’histoire et de solides arguments. C’est le cas par exemple pour sa lutte contre la cotation boursière en continu. La cotation boursière en continu permet d’obtenir un cours de bourse qui fluctue en temps réel selon les échanges. La cotation boursière en continu permet le trading haute fréquence, et donc la mise en place d’algorithmes boursiers gérés de manière informatique. En somme, la mise en place d’une forme d’industrialisation sur les marchés boursiers.

 

La cotation boursière en continu a ainsi permis en 1987, d’être l’une des causes de la crise boursière qui fut notamment provoquée par des ordres de ventes en masses, largement automatisées par ses algorithmes financiers. Selon Maurice Allais la cotation boursière en continu est contraire au principe de marché (définition du prix comme le lieu de rencontre entre le maximum d’offre et de demande). Car la cotation boursière en continu favorise la volatilité et donc la recherche de gains spéculatifs sans attrait aux principes de gain économique. La crise de mai 2010 peu encore donner raison à Maurice Allais, puisque le Krach fut déclenché par un ordre automatique.

 

La cotation boursière en continu permet donc aux structures financières de types « Hedge fund » ou tout simplement, les fonds financiers et les grandes banques de pouvoir faire la pluie et le beau temps sur les marchés financiers, et ce en dehors de la réalité économique. Un autre phénomène pointé du doigt par Maurice Allais est le rôle de créateur de monnaie des banques.

 

Maurice Allais, contre le système monétaire mondiale

 

Vous n’êtes pas sans savoir que notre système monétaire repose en partie sur la création monétaire par le biais des banques. Elles créer de la monnaie lorsqu’elles accordent des crédits. C’est le principe même de la création monétaire, quand les banques octroient des crédits, elles créer de la monnaie puisqu’elle injecte dans le circuit économique, des liquidités qui ne l’étaient pas. En remboursant le crédit, l’emprunteur détruit la monnaie ainsi créée, ce qui fait qu’en principe la monnaie s’auto-régule en fonction des besoins et de la conjoncture économique. De plus à la base les crédits étaient octroyés en fonction des dépôts (de l’épargne collectée) effectués dans les banques. Mais de nos jours les banques accordent des crédits avec de l’argent qu’elles n’ont pas, puisque leurs réserves obligatoires sont bien inférieures aux dépôts. Ce qui signifie que les banques peuvent utiliser nos liquidités pour octroyer des prêts (ce qui permet de soutenir l’activité économique), ou réaliser des opérations financières sur les marchés (ce qui permet de soutenir la volatilité et la spéculation). Cependant, les banques ont tendances à créer trop de monnaie et de manière déraisonné (le cas de la crise des subprimes en est le parfait exemple). La plupart des crises économiques naissent suite à un excès de monnaie créer et donc d’un dérèglement des crédits. Pour Maurice Allais, la création monétaire serait donc confiée à l’état qui régulerait par lui même la masse monétaire, pour un intérêt commun.

 

Malgré les critiques que Maurice Allais a subies de la part de la communauté internationale et notamment du système monétaire actuel, ses théories sont plus que d’actualités aujourd’hui. Il serait temps que le système monétaire et financier international apprenne de ses erreurs. Comme disait Albert Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Alors sommes-nous fous ?

 

8 Comments

  1. Sur le fond j’ai découvert Maurice Allais en 2009 32 ans après avoir écrit à La Croix pour protester contre la déclaration de Jean Boissonnat qui avait déclaré au sujet de la grève du Joint Français qui voulait délocaliser à Malte – c’était le début – « Il faut savoir ce que l’on veut, être solidaires ou pas, industrialiser le Tiers Monde ou pas ».
    Dans ma petite tête de « breton demeuré » à l’image du « primitif flamand » qui qualifia André Diligent à l’époque, s’il devait y avoir solidarité cela incombait aux riches des pays riches et non
    par la mise en concurrence des pauvres avec de plus pauvres qu’eux !
    Par ailleurs il y avait déjà d’autres concurrences déloyales comme le travail au noir, le bricolage et la robotisation qui produit beaucoup tout en détruisant beaucoup de demande.
    La réduction du temps de travail ne peut être cause de la diminution du chômage, mais la résultante de mesures changeant la donne.
    La donne actuelle est la royauté fictive du consommateur à qui on donne des prix en remplacement de son salaire: cela s’appelle de l’assistance. Or j’ai lu que l’oisiveté est la mère de tous les vices !
    J’aime bien les proverbes et j’aimerais bien en faire mentir un qui dit que le petit fait le jeu du gros.  » On n’arrête pas le Progrès » en est un. Mais si le Progrès nous fait gagner du temps , le temps n’est pas forcément de l’argent !
    Le temps gagné l’ ÉTAT par la fiscalité peut en faire, en notre nom – l’ ÉTAT, c’est nous ! – disait Robespierre et dit aussi la démocratie, ce qu’il veut, mais pas n’importe quoi ! Le mieux étant de corriger dans le système actuel ce qui ne marche pas.
    J’ai donc imaginé des changements peu nombreux mais radicaux, à la mesure du réchauffement climatique catastrophique qui nous menace, comme à l’annonce par la NASA d’une fin du monde proche par explosivité de la société.
    En remplaçant les cotisations sociales par la TVA – beaucoup de retraites dont la mienne sont comptabilisées en points dont la valeur est actualisée régulièrement, embaucher ou augmenter les salaires coûterait 2 fois moins à valeur ajoutée égale. Robotiser ou numériser rapporterait 2 fois moins, les charges actuelles étant égales aux salaires nets globalement.
    J’arrête car je me répète par rapport à hier au sujet du risque de faillite du à la Q/E généralisée par les banques centrales.
    Concernant les banques il faudrait aussi qu’elles soient astreintes à l’indexation de la masse salariale sur la valeur ajoutée pour qu’elles ne puissent plus spéculer et aient intérêt à employer et soient responsables du pouvoir qui leur est donné de créer de la monnaie.
    Avec l’affaire des subprime cela n’a pas été le cas, elles ont prêté à des gens dont les revenus ne leur permettaient pas de rembourser, sur la base uniquement de la valeur hypothécaire de leurs biens, donc sur une bulle artificielle.

    • Maurice Allais est volontairement écarté des programmes d’économies à l’université et pourtant, il y a beaucoup à apprendre de son travail. Il est certain qu’on offre une liberté limitée au citoyen entre le choix de tel ou tel produit ou plutôt de marque de produit! Il est temps de retourner à une politique et une économie plus humaniste, prenant pour acquis, la volonté de satisfaire ses citoyens.

      • Cela montre bien que nous sommes dirigés par une oligarchie corrompue et qui ne pense qu’à préserver ses privilèges, une sorte de mafia .
         » Il est érigé en postulat que le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit obligatoirement à une situation optimale pour tous les pays et tous les groupes sociaux !  Ce postulat serait évident et ne nécessiterait aucune démonstration ! » Maurice Allais dans Mondialisation en 1999. Il ajoutait :
        « Celui qui, aujourd’hui, ose remettre en cause la mondialisation des échanges et lui attribue la cause du chômage actuel est  « politiquement incorrect ».  On le considère comme un demeuré, animé de misérables préjugés nationalistes, voire xénophobes, et ignorant tout de l’économie. »

  2. » Il est érigé en postulat que le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit obligatoirement à une situation optimale pour tous les pays et tous les groupes sociaux ! Ce postulat serait évident et ne nécessiterait aucune démonstration ! » Maurice Allais dans Mondialisation en 1999.
    Dès mon contact à 19 ans cette idée de postulat en Économie m’a choqué. J’ai toujours subordonné l’ autorité à la vérité, exigeant de ne rien admettre que bien compris, donc d’une nature très critique, pas systématique, mais faisant preuve d’un esprit
    critique. Une analyse d’écriture me peignait tenace comme un bouledogue ne lâchant jamais prise quand le sujet en valait la peine à mes yeux. Cela a duré 50 ans !
    Mon père et un de ses clients débitants de boisson se disputaient à Lomener, au Moulin Vert, il y a 50 ans car le commerce ne marchait pas «  A qui la faute ! » chacun accusant l’autre d’être trop gourmand. A ce sujet je crois avoir fini mon enquête ! Techniquement parlant.

    • Le libre échange joue sur des aspects de complémentarités et sur le principe de Ricardo des avantages comparatifs. Cependant, cette théorie à mon sens ne tiens plus, du fait notamment d’une mondialisation trop soutenue et d’un contexte économique différent de son époque. Aujourd’hui des pays socialement responsable comme la France se retrouve dans une concurrence déloyale, mais sois disant libre avec des entreprises chinoises qui ne connaissent pas le droit du travail! Et quand les Chinois auront évolué sur le sujet, ce sera le tour de l’Afrique qui est déjà la destination providentielle de tout exploitant d’opportunité. Cependant, l’économie revête une importance morale et éthique, comme la si bien énoncé Amartya Sen dans son livre éthique et économie! La France à toujours été un état humaniste, ou la solidarité est un principe de foi, il est donc primordiale que l’économie soit au service de l’homme et non l’inverse, tout comme l’état!

  3. Je pense que les économistes anciens comme Ricardo n’avaient pas prévu le dévoiement actuel du commerce mondialisé aboutissant à une concentration s’appuyant sur la publicité et le mensonge – un îlot de pertes dans un océan de profits – pour confisquer la valeur ajoutée et empêcher la loi de l’offre et de la demande de jouer.
    Qu’il l’ait prévu ou pas, nous sommes en démocratie et ce n’est pas à une minorité de décider de l’intérêt général. Encore faut-il que le peuple soit bien informé et que les postulats, comme la pensée unique actuelle, soient bannis.

    • Je partage ce point de vue! Il ne faut pas oublier que Ricardo, a fondé sa théorie des avantages comparatifs à une autre période! ou les échanges n’étaient pas développés comme ils le sont! De plus les barrières douanières étaient omniprésentes ! Enfin cela impliquait une spécialisation des pays dans un domaine précis, or aujourd’hui avec la mécanisation du travail et l’uniformisation des produits, la spécialisation n’est plus possible, il suffit de regarder la Chine, qui produit de tout, même du vin! Et si elle veut obtenir le monopole elle le fait en achetant nos domaines viticoles, les ports grecques…

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